Naissances dans les nuages en France : Bienvenue à Cloudwatt et Numergy

Andromède, le projet de cloud franco-français lancé et financé par le gouvernement français, est heureuse de vous annoncer la naissance de Cloudwatt et Numergy, ses deux nuages bleu-blanc-rouge.

  • Le 5 septembre, SFR, Bull et la Caisse des Dépôts ont annoncé la création de la société Numergy et le déploiement d'une infrastructure de cloud computing, à l'échelon européen. La nouvelle entreprise sera dotée de 225 millions d'euros de capital grâce aux apports respectifs de SFR (47 %), de Bull (20 %) et de la Caisse des Dépôts. Philippe Tavernier, précédemment Président de Sogeti France, filiale du groupe Capgemini, prend la tête de l’entreprise qui comptera à terme 400 collaborateurs. Trois offres commerciales sont déjà disponible, accessibles via un réseau de partenaires et de distributeurs composé de SSII, d'éditeurs de logiciels et d'opérateurs télécoms. D’ici à 2020, Numergy prévoie de construire une quarantaine de centres informatiques en France « afin de garantir la souveraineté des données de nos clients ». A terme, Numergy prévoit d’embaucher 400 personnes dont 300 ingénieurs.
  • En réponse, Orange, Thales, et le groupe Caisse des Dépôts ont annoncé le 6 septembre le démarrage de Cloudwatt, leur société commune d’infrastructure de Cloud Computing. Patrick Starck, ancien dirigeant des sociétés Hewlett Packard, Compaq et CA technologies, est nomé président de cette nouvelle entreprise. La société Cloudwatt bénéficie d’un financement total de 225 millions d'euros de fonds propres. La répartition du capital est de 66,6% pour les partenaires industriels (Orange 44,4%, Thales 22,2 %) et de 33,3% pour la Caisse des Dépôts qui intervient en son nom et pour le compte de l’État dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir. L’objectif de Cloudwatt est de devenir « le partenaire de confiance pour toutes les entreprises du pays quelle que soit leur taille ». Sa stratégie, sa feuille de route et son équipe dirigeante seront présentées très prochainement.

Un orage à l’horizon ?

Poussé par tous les fournisseurs informatiques qui voient en lui un véritable eldorado, le Cloud Computing est aujourd’hui un élément important dans la stratégie des entreprises.

Censé constituer une alternative aux offres des acteurs américains et garantir la souveraineté des données des administrations et entreprises françaises, les projets sont bâtis sur l’idée que seul un acteur français du Cloud sous le contrôle du gouvernement peut mettre en œuvre des infrastructures informatique sur le territoire national et donc garantir que les données stockées resteront en sécurité sur le territoire national.

S’il  est encore trop tôt pour commenter ces annonces, on souhaite bon vent à ces deux nuages.

On peut juste espérer que ces projets « gouvernementaux » seront compétitifs dans ce paysage international encombré et ne fausseront pas la concurrence en France.

On peut ici rappeler quelques points :

  • Rapporté par les Echos, le président d’IBM France avait dénoncé la démarche du projet : « C'est de la distorsion de concurrence. L'Etat fait supporter des investissements technologiques par les contribuables. Ce qui lui permettra par la suite d'appliquer une baisse artificielle des prix ». On peut rappeler que dès 2009, IBM a investi 300 millions de dollars afin de construire sur le territoire national dix « data centers » dédiés à ses clients français
  • Initialement membre du projet Andromède avec SFR, Dassault Systèmes s’était finalement retiré du projet ne voulant investir 75 millions d'euros dans un projet où l'Etat est actionnaire à part égale de deux structures concurrentes.  
  • Les grands acteurs internationaux signent des accords avec des partenaires français pour développer des offres de Cloud Computing « nationales ». SFR a signé un partenariat avec HP pour développer des offres de Cloud à destination des PME.  Avec EMC et VMWare, ATOS a créé Canopy, une société dédiée au Cloud Computing. La société de services informatiques a également signé un accord avec Microsoft pour le déploiement des offres Cloud de l’éditeur. La souveraineté des données sera garantie, ainsi que leur localisation : elles seront hébergées dans les « data centers » des acteurs nationaux situés sur le territoire français..  
  • Des acteurs locaux ont déjà investi sur des infrastructures Cloud en France. Rapporté par le MagIT,  OVH aurait déjà déployé, sans l’aide de l’état, plus de 120 000 serveurs dans ses huit datacenters de Paris, Roubaix et Strasbourg.
  • Financé à la hauteur de 5 millions d’euros en subventions de la part du FNSN et 5 millions d’euros de la part de ses membres, un consortium de 7 PME et 2 équipes d'un laboratoire français travaille sur Nuage: un projet de cloud français, ouvert, éco-responsable et décentralisé