La France forte de la diversité de ses formations en informatique

Hier 18 novembre 2013 c'était la rentrée de la première promotion de l'Ecole 42. Cette initiative a déclenché des réactions, évidemment des polémiques à la française, et l'étranglement de l'Éducation Nationale. Les études durent trois ans. Laissons donc passer ces trois années avant de juger. Prenons rdv pour cette date et nous verrons si ces informaticiens sont bien formés, efficaces, créatifs, et s'ils trouvent vite un emploi.

Mais profitons de l'événement pour faire deux remarques :

 

1.     Oui Xavier Niel a raison de rappeler que nous manquons d'informaticiens, de purs programmeurs, en France. Multiplier les initiatives et les filières, et communiquer pour attirer les jeunes vers ces métiers est non seulement une bonne chose mais aussi une urgence.

2.     La France dispose de diverses filières de formation en informatique. C'est une vraie richesse, qui permet à différents styles de personnalité de trouver la formule qui leur convient. Opposer ces filières est stérile et dommageable. Or on continue de voir ces incessantes polémiques sur les soi-disant mérites ou défauts de ces filières.

 

Pour former ses informaticiens, la France dispose :

1.     Des BTS, qui forme très bien les techniciens d'exploitation.

2.     Des universités qui délivrent :

§  des DUT (diplôme universitaire de technologie) ;

§  des licences professionnelles Bac+3 ;

§  des diplômes d'université Bac + 3, 4 ou 5 ;

§  des masters Bac+5 ;

§  des Miage (qui sont maintenant des master bac+5).

3.     Des écoles d'ingénieurs publiques (ENSI, INSA, grandes écoles du groupe A, etc);

4.     Des écoles d'ingénieurs et instituts privés qui délivrent des licences professionnelles, des diplômes d'ingénieur et des masters.

5.     Des instituts de formation continue qui délivrent des masters en management des systèmes d'information (ce sont les branches formation continue des universités et écoles d'ingénieurs publiques ou privées).

6.     … et maintenant l'Ecole 42.

 

A tout cela on ajoute les variantes qui permettent de choisir entre un cursus linéaire ou une formule d'apprentissage en alternance.

 

Toutes ces formations diffèrent par leur durée, leur style, leur contenu, leur mode de recrutement : ce qui permet un vrai choix en fonction de sa mentalité et de ses envies. Pourrions-nous enfin cesser les polémiques "serpent de mer" ou "arlésienne" qui opposent université aux grandes écoles, instituts privés aux structures publiques, études techniques aux études plus académiques. Et maintenant opposent l'Ecole 42 aux licences pro !

 

Que demande-t-on à tous ces diplômés ? De maitriser deux ou trois langages de programmation, un ou deux systèmes d'exploitation, un  langage de requêtes de bases de données, une ou deux méthodes de conception et modélisation ; pour d'autres de savoir monter des machines virtuelles ; ou de savoir monter une architecture de sécurité complète ; d'être capables de concevoir un logiciel ou de choisir une solution du marché; … et de parler anglais. En d'autres termes d'être employables et efficaces rapidement dans les entreprises, qu'elles soient éditeurs de logiciel, sociétés de services ou entreprises utilisatrices.

 

Alors qu'importe la filière qu'ils ont choisie ou obtenue. Ceux-là ont fait Centrale ou Supelec : tant mieux pour eux. Ceux-là ont un master ou une Miage : existe-t-il un argument valable pour ne pas leur donner leur chance comme aux précédents ? Ceux-ci sortent de BTS ou de l'Ecole 42 : veut-on les faire programmer oui ou non ?

 

Tous devront faire leur preuve, quel que soit leur premier bagage de formation.