La France va encore manquer d'informaticiens et de façon générale de professionnels du numérique

En janvier 2014 Syntec Numérique a annoncé les résultats d'une étude qui prévoit plus de 36000 créations nettes de postes dans les métiers du numérique à l'horizon 2018. De nombreuses annonces émanant de l'Union Européenne et de cabinets d'analystes prévoient le besoin de profils liés à l'essor des formules de cloud computing, du big data et de l'analyse de données.

Un commentaire récent dans un media de la profession dit qu'une part importante de ces postes ne seront pas pourvus. Différentes sources parlent de 4000 à 8000 postes non pourvus en ce moment. Nous avons des témoignages d'ESN (entreprises de services numériques) et d'entreprises utilisatrices qui peinent à recruter dans tous les métiers : chefs et directeurs de projets aussi bien dans le développement que dans l'exploitation, des développeurs, des experts en sécurité, des architectes techniques, des architectes de système d'information, etc. Les jeunes qui ont quelques années d'expérience sont "chassés" et reçoivent plusieurs appels par mois. Et les cabinets de recrutement proposent de plus en plus d'étrangers, faute de trouver sur le sol français.

Il y a déjà plusieurs années que nous alertons sur ce risque de manque d'informaticiens (ma première étude sur le sujet date de 2005). La création de l'Ecole 42 était une réaction "privée" (le groupe Iliad) à ce phénomène, elle a aussi retenti dans les média comme un signal d'alerte. Nos formations traditionnelles en informatiques (BTS, DUT, licence, master, école d'ingénieurs) ne font sans doute encore pas assez de communication auprès des lycéens et des premiers cycles généraux (universitaires ou classes préparatoires). Les grandes écoles d'ingénieurs généralistes continuent de constater qu'il y a de moins en de moins d'étudiants qui choisissent une option informatique en dernière année.

Ah quand un grand effort national de communication, explication et séduction auprès des collégiens et lycéens ? Un effort qui mobiliserait le Ministère de l'Éducation Nationale, les écoles et universités, sans oublier les instituts privés. Et les acteurs du marché, ne pourraient-ils pas ouvrir les portes de leurs centres de commandes de data center, de leurs centres de services applicatifs,  de leurs plateaux de TMA ou de support ?