Le cloud computing défierait-il le « Technology Hype Cycle » ?

Cloud Cycle Toutes les technologies et tous les concepts suivent la courbe bien connue du « Technology Hype Cycle ». Les pics et les creux sont plus ou moins prononcés et l’échelle de temps varie d’un sujet à l’autre, mais tous épousent la forme de cette courbe, sans exception, au point que nous avons tous accepté ce cycle de vie comme une règle.  Le phénomène du Cloud Computing fera-t-il exception ?

En 2007 aucun cabinet d’analyste n’avait perçu l’arrivée du cloud computing. En 2008, le Gartner Group l’a fait soudainement apparaître sur son « Technology Hype Cycle » publié annuellement, déjà presqu’en haut du « Peak of inflated expectations ». En 2009 il le plaçait tout au sommet de ce pic. En 2010 on aurait donc du s’attendre à une belle glissade dans le « Trough of disillusionment ».  En fait Gartner l’a éclaté en plusieurs thèmes, certains se retrouvant dans la difficile ascension vers le pic des attentes exagérées (ex : cloud privé), d’autres commençant à descendre (ex : plateformes Web), le sujet « chapeau » cloud computing lui-même restant quasiment perché au sommet du pic.

Hype Cycle 07 2008 Hype Cycle 08 2009 Hype Cycle 08 2010

Or quand on regarde les annonces de partenariats (HP-Intel-Yahoo, Oracle-Intel, Cisco-EMC-VMware,  Salesforce-Google, BMC Software-NetApp, etc), la multiplication des offres et leur réalité (clouds publics, semi-publics, privés), la croissance du chiffre d’affaires  (diverses études font état de 10 à 20% par an, sur les trois composants IaaS, PaaS et SaaS) et l’intérêt grandissant des entreprises, on peut se demander où est la chute attendue.

Certes un certain nombre d’offres d’hébergement et de fourniture de capacité à la demande, en œuvre  depuis quelques années, ont été rebaptisées « cloud » pour être dans le vent du buzz et du marketing. Certes de nombreuses questions restent encore sans réponse complète, autour de la sécurité, la localisation et la protection des données, l’intégration avec le SI « socle » de l’entreprise.

Mais tout de même, on observe le marché avec intérêt. Soit nous n’avons encore rien vu des désillusions, soit la courbe du cloud sera différente de la courbe traditionnelle.

Nous ne pouvons pas encore exclure un trou d’air sur ce marché. Il reste possible si les questions posées plus haut ne sont pas résolues, si trop d’accidents surviennent (pertes de données, failles de sécurité), si la qualité de service et la réactivité ne sont pas au niveau des attentes, si la gouvernance et l’intégration d’un SI divisé en un socle interne et une autre partie « cloudisée » ne sont pas maitrisées, et si les offreurs de solutions ont un peu présumé de leur réelle capacité à les fournir.

A l’inverse il reste raisonnable de penser que le concept va s’imposer, que la croissance va se poursuivre, et que l’équilibre s’établisse entre solutions traditionnelles et solutions « cloudisées ». Dans ce cas nous aurions un exemple historique d’une courbe d’adoption aplanie (schéma en haut à gauche).